Vous habitez Rennes ou la région, et l’idée de partir à pied jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle vous travaille. Première bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin de prendre un train pour le Puy-en-Velay ou Saint-Jean-Pied-de-Port avant de poser le premier pas. La Bretagne est traversée par des chemins balisés qui se raccordent aux grandes voies historiques, et Rennes se trouve pile sur l’un d’eux.
La difficulté n’est pas de trouver un chemin, mais de comprendre comment les morceaux s’emboîtent : quelle voie part d’ici, où elle rejoint le réseau vers l’Espagne, et ce que vous gagnez à marcher depuis chez vous plutôt qu’à sauter dans un TGV. On déroule tout ça concrètement, avec les distances et les jonctions réelles, sans vous vendre du rêve d’agence.
La voie qui passe par Rennes : la Voie des Capitales
Rennes est une étape officielle de la Voie des Capitales, un itinéraire balisé de 500 km qui relie le Mont-Saint-Michel à Clisson, en passant par Pontorson, Rennes et Nantes. Il se découpe en treize étapes et suit, presque tout du long, des rivières et des canaux : la vallée du Couesnon, le Canal d’Ille-et-Rance jusqu’à Rennes, puis la vallée de la Vilaine, le canal de Nantes à Brest et l’Erdre vers Nantes, et enfin la Sèvre Nantaise jusqu’à Clisson.
Concrètement, si vous partez du Mont-Saint-Michel, vous atteignez Rennes en quatre étapes (la dernière, depuis Saint-Médard-sur-Ille, fait environ 26 km). Mais rien ne vous oblige à commencer au Mont : vous pouvez tout aussi bien poser votre premier pas depuis la cathédrale de Rennes et descendre vers le sud. Les étapes bretonnes après Rennes ressemblent à ceci :
- Rennes → Pont-Réan, environ 19,5 km, le long de la Vilaine
- Pont-Réan → Saint-Malo-de-Phily, environ 21 km
- Saint-Malo-de-Phily → Langon, environ 26 km
- une variante par Redon est possible avant de rejoindre Blain puis Nort-sur-Erdre
- arrivée à Nantes, au quartier Saint-Jacques, avant la dernière étape vers Clisson
C’est un chemin de plaine, sans grand dénivelé, qui a l’avantage de relier des villes : ravitaillement facile, hébergements réguliers, et la possibilité de couper court en train si une ampoule a raison de votre motivation. C’est aussi pour cela qu’il connaît un vrai succès auprès des marcheurs bretons.
L’autre départ breton : la voie des Plantagenêts
Si vous préférez filer vers l’est et l’Anjou plutôt que vers Nantes, la voie des Plantagenêts est l’option. Elle relie elle aussi le Mont-Saint-Michel à Compostelle, mais en traversant l’Ille-et-Vilaine par le Coglais, Fougères et le pays de Vitré, avant de rejoindre Angers puis la voie de Tours.
Son nom rappelle qu’une bonne partie du tracé court sur les anciennes terres des comtes d’Anjou. En Bretagne, comptez quatre à cinq étapes et demie pour la portion qui mène vers l’Anjou ; l’étape Fougères-Vitré se fait généralement en deux jours, avec une halte à Châtillon-en-Vendelais. Le tracé reconnu en 2004 entre Pouancé et Le Puy-Notre-Dame assure ensuite la jonction propre vers le réseau du sud.
Depuis Rennes, ce chemin ne passe pas directement par la ville : il faut d’abord rejoindre le secteur de Fougères, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est, en bus ou en train régional. C’est donc plutôt l’itinéraire des marcheurs qui veulent traverser l’Anjou et ses chefs-d’œuvre romans.
Où ces chemins rejoignent les grandes voies vers l’Espagne
Tout l’enjeu, depuis la Bretagne, c’est de raccorder votre marche à l’une des quatre voies historiques décrites dès le Moyen Âge dans le Guide du Pèlerin. Pour les pèlerins bretons, la porte d’entrée naturelle est la via Turonensis, la voie de Tours.
Cette voie part de Paris, au pied de la tour Saint-Jacques, et rejoint Saint-Jean-Pied-de-Port sur un peu plus de 1 000 km (1 027 km exactement), balisée GR 655. Elle passe par Tours, Poitiers, Saintes et Bordeaux. C’est la plus ancienne et la plus riche en patrimoine roman, avec peu de dénivelé. Saintes, sur la ligne entre Nantes et Bordeaux, est l’un de ses points de passage clés.
La Voie des Capitales et la voie des Plantagenêts servent précisément de chemins d’amorce : elles relient le Mont-Saint-Michel et la Bretagne à cette via Turonensis, via Nantes, Redon, l’Anjou ou Saint-Jean-d’Angély selon le tracé choisi. Un détail rassurant : ces chemins sont balisés dans les deux sens. Les coquilles jaunes guident ceux qui descendent vers le sud, les panneaux bleu cyan ramènent les « miquelots » vers le Mont.
En résumé : 3 façons de rejoindre les grandes voies depuis Rennes
Selon votre temps disponible et votre envie de marcher dès le pas de la porte, voici les trois approches concrètes :
- Tout à pied par la Voie des Capitales. Vous partez de Rennes plein sud, vous descendez vers Nantes puis Clisson, et de là vous basculez vers la voie de Tours par le sud de la Loire. L’option la plus cohérente si vous voulez une vraie continuité depuis chez vous.
- À pied par la voie des Plantagenêts. Vous rejoignez Fougères en transport régional, puis vous traversez le pays de Vitré et l’Anjou jusqu’à Angers, où le chemin se raccorde à la via Turonensis. Idéal pour qui veut l’art roman et un cadre plus rural.
- En train jusqu’à un point de jonction. Si vous manquez de jours, prenez le TGV Rennes-Tours (environ 1h40) pour démarrer directement sur le GR 655. Vers Bordeaux, il n’y a pas de liaison directe : il faut passer par Paris (environ 4h) ou par Nantes (plus long, autour de 6h30).
Questions fréquentes
Faut-il partir du Mont-Saint-Michel pour suivre la Voie des Capitales ?
Non. Rennes est une étape officielle du tracé : vous pouvez commencer votre marche depuis la ville et descendre vers Nantes et Clisson. Partir du Mont reste possible pour ceux qui veulent les quatre étapes d’approche, mais ce n’est pas une obligation.
Quelle voie choisir entre la Voie des Capitales et la voie des Plantagenêts ?
La Voie des Capitales part directement de Rennes vers le sud et longe canaux et rivières jusqu’à Nantes, avec beaucoup de services en chemin. La voie des Plantagenêts demande de rejoindre Fougères d’abord, puis traverse l’Anjou vers Angers. Le premier convient mieux pour partir de chez soi sans transport, le second pour le patrimoine roman.
Comment rejoindre la voie de Tours rapidement si je n’ai pas le temps de tout marcher ?
Le plus simple est le TGV Rennes-Tours, qui prend environ 1h40 et vous dépose au point de départ de la via Turonensis (GR 655). De là, vous marchez vers Poitiers, Saintes et Bordeaux. Pensez à télécharger les listes d’hébergement à jour avant de partir plutôt que de vous fier à des guides anciens, et à passer en revue les questions pratiques avant le départ.

Je m’appelle Yannic Le Bihan. Né à Pont-Aven, entre ciel changeant et granit sacré, j’ai grandi au rythme des marées et des contes bretons. Très jeune, j’ai été fasciné par les chemins. Pas seulement ceux qu’on emprunte avec les pieds, mais ceux qui nous traversent, nous transforment.
Après plusieurs pèlerinages · de Vézelay à Fatima, de Bretagne à Saint-Jacques · j’ai ressenti l’appel de transmettre. Ce site est né de cette envie : partager mes chemins, mes intuitions, mes émerveillements.
J’y raconte ce que le chemin m’enseigne : la lenteur, la beauté du silence, la richesse des rencontres. Mon style est simple, brut, mais toujours sincère. J’y mêle poésie, info pratique, spiritualité et traditions bretonnes.
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