Je l’avoue, je ne savais pas que saint Martin était hongrois. Grand voyageur du IVe siècle, originaire de Szombathely, il a fini par s’installer en Touraine. C’est là que les baliseurs ont choisi de reconstituer son chemin, tronçon par tronçon, épisode par épisode.
Depuis cinq ans, trois sentiers de randonnée traversent cette région. Chacun fait revivre un moment de la vie du saint. Vous ne partez pas pour Compostelle ici. Vous suivez un homme qui a traversé l’Europe avant que l’Europe n’existât.
- ✓3 sentiers balisés en Touraine depuis 5 ans
- ✓2 500 km du cœur historique Szombathely-Tours
- ✓5 000 km le réseau européen total
- ✓Conseil de l’Europe label itinéraire culturel officiel
Le cœur historique : 2 500 km de Szombathely à Tours
Le label du Conseil de l’Europe, obtenu comme itinéraire culturel européen officiel, ne s’accorde pas à n’importe quel sentier de randonnée. Il récompense un réseau qui dépasse largement la Touraine. Le cœur historique relie Szombathely, ville de naissance de Martin, à Tours où il est mort et enterré. Environ 2 500 km.
Le réseau européen global, lui, atteint jusqu’à 5 000 km de chemins et petites routes. C’est là où ça coince : le marcheur moyen ne sait pas par où commencer. Les baliseurs français ont tranché. Ils ont créé une boucle centrale, en Touraine et Vienne, d’environ 500 km de sentiers balisés. À pied, à vélo, à cheval. C’est le point de départ raisonnable.
Trois chemins, trois épisodes
Le Chemin de l’Évêque est le plus long des trois. Poitiers, Ligugé, Tours. Environ 230 km, 10 à 12 jours de marche. Il suit Martin ordonné prêtre, puis évêque. Le balisage fonctionne dans les deux sens sur les sections Poitiers ↔ Tours. Vous pouvez donc remonter le temps, ou le descendre.
Le Chemin de l’Été de la Saint-Martin est plus court. Chinon, Candes-Saint-Martin, Tours. 114 km, 5 à 6 jours. C’est l’itinéraire du retour estival, quand la Loire s’étire et que les vignes mûrissent.
Entre les deux, le Chemin Ligugé, Candes-Saint-Martin fait 170 km. C’est le maillon central, celui que beaucoup de marcheurs ignorent parce qu’il ne commence ni à Poitiers ni à Chinon. 48h à Santiago de Compostelle : que faire après l’arrivée….
Comment on y va, concrètement
Les itinéraires sont prévus “de gare en gare”. TGV Tours ou Poitiers depuis Paris. Vous posez votre sac, vous chausssez, vous ne cherchez pas de parking. C’est une décision de baliseur qui mérite d’être soulignée : le chemin n’est pas une boucle fermée pour automobilistes.
Les territoires traversés en France s’étalent sur plusieurs départements : Vienne, Indre, Indre-et-Loire, Isère, Rhône, Loire, Allier, Creuse, etc. La Via Sancti Martini “Est-Ouest”, la grande traversée complète, demande environ 3,5 mois de marche. Personne ne vous oblige à la faire d’un trait. C’est le piège classique des chemins longs : on croit qu’il faut tout avaler, alors que le sens est dans le morceau choisi.
Variantes : Tours comme carrefour
Tours n’est pas une arrivée. C’est un nœud. Les variantes partent de là vers Amiens, Paris, Utrecht au nord. Vers Trêves en Allemagne à l’est. Vers Saragosse via Bordeaux et les Pyrénées au sud. Szombathely, Tours, Candes-Saint-Martin, Pavie, Trêves : un réseau qui ne s’arrête pas aux frontières.
Je partirais par le Chemin de l’Été. 114 km, c’est tenable. Vous arrivez à Candes-Saint-Martin, là où il est mort, avec les vignes en face et la Loire en contrebas. Cinq jours pour comprendre pourquoi un Hongrois du IVe siècle fait encore l’objet d’un balisage en Touraine. C’est le pari des sentiers : que la marche explique mieux que les livres.

Je m’appelle Yannic Le Bihan. Né à Pont-Aven, entre ciel changeant et granit sacré, j’ai grandi au rythme des marées et des contes bretons. Très jeune, j’ai été fasciné par les chemins. Pas seulement ceux qu’on emprunte avec les pieds, mais ceux qui nous traversent, nous transforment.
Après plusieurs pèlerinages · de Vézelay à Fatima, de Bretagne à Saint-Jacques · j’ai ressenti l’appel de transmettre. Ce site est né de cette envie : partager mes chemins, mes intuitions, mes émerveillements.
J’y raconte ce que le chemin m’enseigne : la lenteur, la beauté du silence, la richesse des rencontres. Mon style est simple, brut, mais toujours sincère. J’y mêle poésie, info pratique, spiritualité et traditions bretonnes.
Ce site est une offrande : à vous qui partez, à vous qui doutez, à vous qui marchez pour mieux vous retrouver.
Suivez-moi entre granite et lumière, là où les pas deviennent prières et les chemins, des ponts vers l’invisible.



