Habitants de Saint-Malo : Malouin ou Malouin ? Découvrez le gentilé officiel et son histoire
Connaître le nom des habitants de Saint-Malo semble anodin, mais derrière ce gentilé se cache une histoire qui mêle corsaires, saints bretons et même un archipel de l’Atlantique sud. La réponse officielle est simple : les habitants de Saint-Malo sont les Malouins (hommes) et les Malouines (femmes). Pourtant, l’orthographe hésite souvent entre « Malouin » et « Maloin », et certaines personnes ignorent pourquoi ce nom renvoie aussi aux îles Malouines. En tant qu’ancien professeur d’histoire-géographie et pèlerin breton, j’ai croisé bien des marcheurs sur les chemins de Saint-Jacques qui s’interrogeaient sur ce point. Voyons les racines de ce terme, ses variantes et ses pièges, pour que vous soyez incollable la prochaine fois que vous traverserez la cité corsaire.
Les Malouins et Malouines : le nom officiel des habitants de Saint-Malo
Le gentilé officiel, reconnu par l’administration et les dictionnaires, est Malouin pour le masculin singulier, Malouine pour le féminin, et Malouins, Malouines au pluriel. Ce nom est utilisé pour désigner toute personne native ou habitante de Saint-Malo, ville d’Ille-et-Vilaine en Bretagne. On parle d’un Malouin, d’une Malouine, ou des Malouins en général.
Ce terme n’est pas une invention récente : il remonte au Moyen Âge, lorsque la ville prit le nom de son saint patron, saint Malo. Le suffixe « -in » (ou « -ine ») est fréquent dans les gentilés des villes bretonnes : on trouve des Dinannais, des Rennais, mais aussi des Malouins. L’usage a fixé cette forme dès le XIIᵉ siècle, et elle est restée stable malgré quelques variations orthographiques.
Il faut distinguer le gentilé du nom des habitants de certaines communes voisines. Par exemple, les habitants de Saint-Malo se démarquent nettement de ceux de Dinan (les Dinannais) ou de Dol-de-Bretagne (les Dolois). Cette diversité illustre la richesse toponymique de la région. En tant que pèlerin, j’ai souvent noté que les Malouins sont particulièrement attachés à leur identité maritime : le nom évoque à la fois l’histoire des corsaires et celle du grand large.
Pourquoi « Malouin » ? Les origines historiques du gentilé
L’origine du gentilé « Malouin » remonte à saint Malo, ou Machutus en latin, un moine gallois du VIᵉ siècle ayant évangélisé la région. La ville qui porte aujourd’hui son nom s’appelait à l’époque Alet, mais le culte du saint attira les fidèles et une nouvelle agglomération se forma autour de son tombeau. Au fil des siècles, le nom de saint Malo s’est imposé, et les habitants ont été désignés par le nom de leur protecteur.
Le suffixe « -in » dérive du latin « -inus », indiquant l’appartenance. Ainsi, « Malouin » signifie littéralement « qui est de Malo ». Cette construction est identique à d’autres gentilés médiévaux comme « Berruyer » (de Bourges) ou « Lillois » (de Lille). Le lien avec saint Malo reste très fort : les Malouins célèbrent encore la fête de leur saint chaque novembre.
Un autre fait remarquable est le lien avec les îles Malouines (Falkland). Ces îles, découvertes par des navigateurs français venus de Saint-Malo au XVIIᵉ siècle, furent baptisées « Malouines » en référence aux Malouins. C’est ainsi que le nom d’une ville bretonne a traversé l’Atlantique pour désigner un archipel situé à plus de 12 000 kilomètres. Ce trait d’union géographique entre Saint-Malo et l’Amérique du Sud intrigue toujours les marcheurs qui arpentent la voie Tro Breizh depuis Saint-Malo, un itinéraire que j’ai suivi lors de mon dernier pèlerinage en 2023.
Malouin, Maloin, Malouine : pièges orthographiques courants
L’orthographe de ce gentilé peut surprendre. La forme correcte est Malouin avec un « i », et non « Maloin » sans « i ». Une erreur fréquente consiste à écrire « Maloin » par analogie avec d’autres noms en « -oin » (comme « foin ») ou sous l’influence de la prononciation locale qui élide parfois le « i ». Pourtant, l’étymologie exige le « i » : le radical « Malo » + suffixe « -in » donne « Malouin », et la règle veut que le « o » conserve sa valeur avant le suffixe. le terme « Malouine » (féminin) peut s’écrire avec un « s » au pluriel (« Malouines »), mais sans « s » au singulier. La confusion est fréquente avec les îles Malouines, qui s’écrivent toujours au pluriel et avec un « s ». Le site de la ville de Saint-Malo lui-même utilise « Malouin, Malouine ».
Pour éviter les erreurs, retenez ces trois règles :
- Toujours un « i » après le « l » : Malouin, Pas Maloin.
- Le « e » final pour le féminin : Malouine.
- Pluriel régulier : Malouins, Malouines.
J’ai vu sur les forums de randonneurs des questions récurrentes à ce sujet. Lors de mes préparations pour le chemin breton vers Tours, j’ai moi-même dû vérifier l’orthographe avant de rédiger des fiches pour mon site. La règle est simple une fois comprise.
Quel est le féminin de Malouin ? Et les autres variantes
Le féminin de Malouin est Malouine. Il suit la règle des gentilés en « -in » qui forment leur féminin en « -ine » : comme « Parisien, Parisienne ». On dira une Malouine, des Malouines. Ce terme est également utilisé pour désigner les femmes originaires de Saint-Malo.
Cependant, dans le langage courant, on rencontre parfois des variantes non officielles. Certains habitants préfèrent « Malouine » mais utilisent « une Malouin » par ellipse, ce qui est incorrect. La forme « Malouine » est la seule acceptée par l’Académie française et les dictionnaires.
Il existe aussi un emploi adjectival : on peut parler de « la culture malouine », « le port malouin ». Cela permet d’éviter la répétition de « de Saint-Malo ». Par exemple, « les remparts malouins » ou « la tradition malouine de la pêche à la morue ».
Un point intéressant : le gentilé ne possède pas de forme neutre ou épicène. Contrairement à certains noms de métier qui se veulent neutres (comme « auteur »), Malouin reste genré. Les habitants de Saint-Malo peuvent être regroupés sous le pluriel masculin « les Malouins », qui inclut les femmes, ou utiliser les deux formes ensemble : « les Malouins et Malouines ».
Pour approfondir, le site de la mairie et les offices de tourisme utilisent exclusivement « Malouin, Malouine ». Pas de débat possible.
Comparaison avec les gentilés des villes voisines de Bretagne
Pour mieux situer le nom des Malouins, comparons-le aux gentilés des villes côtières et intérieures de la région. Le tableau ci-dessous donne les formes officielles pour trois communes proches, en s’appuyant sur les données de Wikipedia.
| Commune | Gentilé masculin | Gentilé féminin |
|---|---|---|
| Saint-Malo | Malouin | Malouine |
| Saint-Cast-le-Guildo | Castin | Castine |
| Saint-Quay-Portrieux | Quessonnais | Quessonnaise |
| Saint-Marcan | Marcanais | Marcanaise |
On voit que le suffixe varie : « -in » pour Malouin et Castin, « -ais » pour Quessonnais et Marcanais. Cette diversité reflète les origines multiples des noms de lieux bretons. Les habitants de Dinan sont les Dinannais, tandis que les Dolois de Dol-de-Bretagne utilisent un suffixe « -ois ». Chaque ville a son propre marqueur identitaire.
Ces nuances peuvent surprendre les pèlerins qui traversent la Bretagne. Sur la Via Britannica et Tro Breizh, on rencontre des Malouins, des Dolois, des Dinannais… C’est une occasion d’enrichir sa culture locale tout en marchant.
Questions fréquentes sur les habitants de Saint-Malo
Quelle est la bonne orthographe : Malouin ou Maloin ?
La seule orthographe correcte est Malouin, avec un « i » après le « l ». L’écriture « Maloin » est une erreur courante, mais elle est refusée par les dictionnaires. Le « i » est central car il provient du suffixe latin « -inus ». Retenez : on écrit Malouin comme on écrit « patin » (savon), pas comme « foin ».
Peut-on dire « un Malouin » pour une femme ?
Non. Le terme « Malouin » est exclusivement masculin. Pour une femme, il faut dire « une Malouine » (au singulier) ou « des Malouines » (au pluriel). L’usage de « Malouin » pour désigner une femme serait une faute de genre, même si on l’entend parfois dans le langage familier.
Pourquoi les habitants de Saint-Malo s’appellent-ils Malouins ?
Le nom dérive de saint Malo, le fondateur légendaire de la ville. Au Moyen Âge, on a ajouté le suffixe « -in » pour marquer l’appartenance au saint. Ainsi, « Malouin » signifie « qui est de saint Malo ». Ce type de formation est classique pour les villes portant un nom de saint.
Quel est le lien avec les Îles Malouines ?
Les îles Malouines (Falkland) ont été nommées ainsi par des explorateurs français partis de Saint-Malo au XVIIᵉ siècle. Ils les ont appelées « Malouines » en l’honneur des marins malouins. Le parallèle est resté : les habitants des îles sont parfois appelés Malouins, mais officiellement le gentilé des îles est « Falklandais » (en anglais) ou « Malouin » seulement par référence historique.
Dit-on « les Malouin » ou « les Malouins » ?
On dit « les Malouins » avec un « s », comme pour tous les gentilés au pluriel. La forme « les Malouin » sans « s » est incorrecte. Le pluriel s’accorde normalement en français : les Malouins (hommes ou groupe mixte), les Malouines (uniquement femmes).
Conclusion : un nom chargé d’histoire
Le gentilé « Malouin » n’est pas un simple mot : il raconte l’histoire maritime de Saint-Malo, la mémoire de son saint patron, et même un pont linguistique vers l’Amérique du Sud. Pour les pèlerins qui parcourent les chemins de Bretagne vers Saint-Jacques-de-Compostelle, connaître ces détails enrichit la marche. La prochaine fois que vous croiserez un Malouin à l’office de tourisme ou sur les remparts, vous saurez qu’il porte un nom vieux de plus de mille ans. Si vous préparez votre propre pèlerinage, je vous invite à consulter un guide local ou un office de tourisme pour découvrir les trésors cachés de cette ville unique. Bonne route, et n’oubliez pas : on écrit Malouin avec un « i ».

Rédacteur(ice) pour Saint-Jacques Bretagne, Camille Fontaine couvre pèlerinage et chemin bretons avec une exigence éditoriale : chaque information est recoupée avec les sources officielles et les retours terrain avant publication. Camille Fontaine rédige guides pratiques, dossiers fond et chroniques hebdomadaires, avec un soin particulier porté à la clarté et à l’utilité concrète pour le lectorat.
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