530 998 pèlerins ont été enregistrés en 2025 au bureau des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le chiffre frappe d’abord par son volume. Mais il raconte surtout autre chose : le Camino attire maintenant un public plus large, plus féminin, plus international, et encore largement novice.
Si vous ne gardez que l’image d’un chemin européen, ou même surtout espagnol, elle devient trop courte. Les données de 2025 montrent un mouvement beaucoup plus vaste. Elles recensent 198 nationalités et une répartition qui dit beaucoup de l’état du pèlerinage aujourd’hui.
530 998 arrivées : la hausse continue, et elle ne tient pas qu’au symbole
Le total de 530 998 correspond à une hausse d’environ 6,2% par rapport à 2024. Vu de loin, cela peut sembler être une simple progression de plus. Vu de près, vous comprenez qu’on parle d’un niveau très au-dessus de celui de 2019.
Cette année-là, le volume mentionné tournait autour de 350 000 marcheurs.
La bascule est nette. En quelques années, le chemin a changé d’échelle. Et ce changement ne se lit pas seulement dans le nombre total : il se lit dans le profil des personnes qui arrivent, dans leur provenance, et dans la façon dont elles entrent dans cette aventure.
Le mot “affluence” ne suffit plus. Ce que montre 2025, c’est une installation durable du Camino dans un paysage mondial de la marche et du pèlerinage. Sa force d’attraction dépasse de loin son noyau historique.
198 nationalités : vous n’êtes plus dans un chemin seulement espagnol
Les Espagnols restent le premier groupe, avec environ 43% des arrivées en 2025. C’est beaucoup. Mais ce n’est plus un monopole culturel du chemin.
La diversité des origines saute aux yeux dès qu’on regarde le reste du tableau.
Les Américains représentent 8%, soit 43 980 pèlerins. Les Italiens pèsent 5%, soit 26 680, devant les Allemands avec 4,6% et 24 356, puis les Portugais avec 4,3% et 22 822. Les Britanniques atteignent 3%, soit 14 650.
Le cas français mérite qu’on s’y arrête. Les Français représentent 2%, soit 10 008 pèlerins. Ils sont indiqués comme la 9e nationalité en 2025.
Vous pouvez y voir une réalité simple : la notoriété du chemin circule maintenant très loin. Mais elle ne produit pas la même intensité partout. Le poids espagnol reste massif, alors que d’autres pays s’installent fortement.
Parfois, plus fortement qu’on ne l’imagine depuis la France.
La surprise française est moins le nombre que le rang
10 008 marcheurs, ce n’est pas rien. Mais être la 9e nationalité avec ce total montre autre chose. Le Camino n’est plus seulement ce grand récit familier aux voisins de l’Espagne : il attire des publics capables de venir de beaucoup plus loin, et en nombre.
Pour vous qui associez encore le pèlerinage à une proximité géographique, le classement de 2025 déplace un peu la carte mentale. Le chemin reste européen dans son cœur. Mais il parle maintenant au monde entier.
Des adultes actifs très présents, mais pas seuls
Le profil d’âge raconte une autre mutation. Environ 40,5% des pèlerins ont entre 18 et 45 ans, et 39,4% entre 46 et 65 ans.
Ces deux grandes classes réunissent la très grande majorité des arrivées. Vous êtes loin d’un chemin réservé aux retraités. Vous êtes loin aussi d’un chemin réservé aux seuls jeunes marcheurs en quête d’épreuve.
Les plus de 65 ans représentent 11,5% des marcheurs. Les mineurs, eux, pèsent 8,6%.
L’ensemble dessine un pèlerinage intergénérationnel, mais dominé par des adultes en âge d’activité. C’est un détail lourd de sens : le chemin ne se vit plus seulement comme une parenthèse de fin de vie ou comme une exception rare. Il prend place au milieu des existences ordinaires.
Les femmes sont légèrement majoritaires, et cela compte vraiment
En 2025, les femmes représentent autour de 53,4% des pèlerins. La majorité est légère, mais elle est claire.
Vous pouvez juger ce demi-basculement discret. Il dit pourtant quelque chose de fort sur l’image actuelle du Camino : le pèlerinage n’apparaît plus comme un univers masculin de longue distance. Il apparaît comme un espace que des publics variés s’approprient concrètement.
Ce point change la lecture générale des chiffres. Quand un chemin attire plus de femmes que d’hommes, qu’il accueille des mineurs, des actifs, des seniors et des arrivants venus de 198 nationalités, il cesse d’être un milieu fermé. Il devient un langage partagé.
Premier départ, foi explicite, raisons mêlées : le Camino garde plusieurs visages à la fois
Environ 46,6% des marcheurs déclarent une motivation religieuse explicite. À cela s’ajoutent 19,6% qui disent marcher pour une raison mêlant la foi et d’autres motifs.
Le chiffre est fort. Si vous réduisez le Camino à une simple randonnée au long cours, vous manquez une part massive de ce qui pousse encore à partir.
Mais le tableau n’est pas monolithique. La présence d’un groupe important aux motivations mêlées montre que le chemin conserve sa racine spirituelle. En même temps, il parle à des personnes qui n’entrent pas dans une case unique.
Près de trois pèlerins sur quatre découvrent le chemin
Près de 74,7% des pèlerins effectuent le chemin pour la première fois. Ce pourcentage pèse presque autant que tous les autres. Il dit une chose très simple : le Camino continue d’ouvrir sa porte à de nouveaux venus, au lieu de tourner sur un cercle fermé d’habitués.
Pour vous qui hésitez à partir un jour, ce chiffre a quelque chose de rassurant. La majorité des arrivants de 2025 n’était pas là pour rejouer une vieille habitude : elle découvrait, elle aussi, ce rythme de marche, de fatigue, de silence et d’attente.
Au bout de ces données, je vois moins un record qu’un visage collectif. 530 998 personnes, venues de 198 nationalités, avec des âges, des attentes et des raisons très différentes, ont marché vers le même point en 2025. Le Camino grandit, oui.
Mais il grandit sans perdre ce qui le rend humain : chacun y arrive avec ses pas, et souvent pour la première fois.

Je m’appelle Yannic Le Bihan. Né à Pont-Aven, entre ciel changeant et granit sacré, j’ai grandi au rythme des marées et des contes bretons. Très jeune, j’ai été fasciné par les chemins. Pas seulement ceux qu’on emprunte avec les pieds, mais ceux qui nous traversent, nous transforment.
Après plusieurs pèlerinages · de Vézelay à Fatima, de Bretagne à Saint-Jacques · j’ai ressenti l’appel de transmettre. Ce site est né de cette envie : partager mes chemins, mes intuitions, mes émerveillements.
J’y raconte ce que le chemin m’enseigne : la lenteur, la beauté du silence, la richesse des rencontres. Mon style est simple, brut, mais toujours sincère. J’y mêle poésie, info pratique, spiritualité et traditions bretonnes.
Ce site est une offrande : à vous qui partez, à vous qui doutez, à vous qui marchez pour mieux vous retrouver.
Suivez-moi entre granite et lumière, là où les pas deviennent prières et les chemins, des ponts vers l’invisible.
À explorer aussi : Pèlerinage
- Guide pratique du chemin de Compostelle entre Le Puy-en-Velay et Conques
- Micro-Compostelle en France : 3 week-ends de pèlerinage pour débutants · Le Puy, Vézelay, Arles 2026
- Lascabanes sur le chemin de Compostelle : étape clé du GR65 dans le Lot
- Quelle est la distance totale du chemin de Compostelle selon votre itinéraire



